Le réseau ARPANET est considéré comme l'ancêtre du réseau internet. Reliant 4 laboratoires de recherche de l'ouest American, son objectif était de permettre le partage d'informations entre chercheurs. Le problème des chercheurs étant d'abord de faire évoluer la recherche en diffusant leur savoir, le réseau ARPANET fonctionnait par le partage des informations par la mise en commun des moyens. Notre réseau internet actuel est la suite technique et philosophique de cette utopie qui consiste à croire (car on est dans le domaine de la foi), qu'en mettant en commun nos moyens et nos informations, nous oeuvrons pour le bien de tous.
Boudé par les industriels de l'époque qui n'y voyaient là qu'une utopie post soixantuitarde qui ne mèneraient à rien, l'Internet s'est développé de manière fulgurante, mais sans eux. Cette époque fut l'occasion pour de nouvelles entreprise de se créer et de prendre des places prépondérantes sur ce marché (pensons à Amazon, google, youtube, free en France).
Voyant que les choses leur échappaient, les vieux industriels se sont réveillés, demandant à la fois leur part du gâteau et tentant de contrôler ce marché trop bouillonnant pour leurs vielles structures. Mais le marché avait adopté de nouveau leader avec de nouvelles règles : ainsi, Amazon remplaça la Redoute et l'écoute gratuite sur youtube avait pris le pas sur l'achat de disques et DVD à la FNAC (voir à ce sujet les tableaux de bord de la FEVAD).
Aujourd'hui les disquaires hurlent au loup et font du lobbying auprès des parlementaires alors que pendant 10 ans, ils se sont révélés totalement incapables de proposer des solutions aux consommateurs sur internet. En fait, on a l'impression que les anciens leaders qui n'ont pas cru en internet au départ et n'ont rien fait pour en favoriser ce canal de consommation essayent aujourd'hui, encore et toujours, d'en freiner les usages !
Les discours d'aujourd'hui sont ceux d'hier, vers 1996-1998, lorsqu'on nous disait que le gratuit ne fonctionnerait pas, qu'il n'y avait pas de solution, que la nouvelle économie nous mènerait à la perte. Certaines des entreprises qui ont essayé, autour des années 2000, de freiner le marché n'ont rien freiné du tout et se sont juste laissé dépasser par lui. Il appartient donc aux industriels du disque, du cinéma, des livres, de la presse,... de se rendre compte qu'on ne peut pas aller contre l'avis des consommateurs et qu'il leur faut s'adapter à la nouvelle donne d'internet.
A ce propos, on lira avec intérêt "Free ! Entrez dans l'économie du gratuit" le dernier livre de Chris Anderson, également auteur du livre "The long trail" qui fit date et inspira bien des usages..
Dans "free !", Chris Anderson livre une analyse des mécanismes marketing qui amènent à offrir des articles et des services gratuits. Chose intéressante, l'auteur y propose et explique les modèles économiques qui vont avec. Un livre passionnant !
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En ligne droite avec l'utopie de la gratuité et du bien commun mis à disposition pour le bonheur de tous, voici, pour se divertir, un mashup vidéo. En quoi cela consiste ? Vous prenez des vidéos un peu partout sur le net, vous mettez dessus une musique, vous mélangez et en faites une autre vidéo, avec un sens complètement différent. J'adore !
Alors, évidemment, ces images des années 70 sont issues d'une émission télé et celles de la femme bodybuildée sont sans doute issues d'un DVD tandis que la musique est probablement extraite d'un disque produit par un label. On peut sans doute qualifier ce mashup de piratage et porter toute sorte de jugements moraux sur sa production et sa diffusion.
Je n'ai pas de solution à cela. Mais refuser de se rendre compte que les gens veulent du gratuit et du partage, c'est refuser de voir comment mettre à profit cette volonté pour développer de nouveaux moyens de produire et de vendre. C'est se mettre la tête dans le sable... jusqu'à l'étouffement.
Si youtube n'a pas encore trouvé le chemin de la profitabilité, google a eu un bénéfice net en hausse de 27% au premier trimestre 2009 et ce... malgré la crise ! de quoi réfléchir, non ?